La jetée de Lège-Cap-Ferret s’avance dans l’eau comme une ligne tracée entre deux mondes. D’un côté, le village aux maisons blanches et aux pins penchés, de l’autre, l’océan qui respire, changeant de couleur à chaque marée. On sent l’air salé avant même d’embarquer, mêlé à l’odeur de résine et de bois mouillé. La Pinasse Altaïr amarrée là prend tout son sens : un lien entre la terre et l’horizon.
Rien de spectaculaire, juste une balade qui convient à presque tout le monde. Les enfants à partir de 6 ans montent volontiers à bord, accompagnés d’un adulte. On s’installe à l’abri du vent, sur des bancs en bois usé par les vagues. L’équipage explique les bases sans jargon, et le bateau glisse sans bruit entre les passes. Comptez une heure pour faire le tour du bassin : assez pour voir sans se presser, sans être trop long.
Le bateau penche légèrement quand il prend de la vitesse, et l’eau file le long de la coque. On distingue les cabanes de pêcheurs posées sur la vase, les voiliers qui rentrent au port. Parfois, un héron s’envole devant nous. Le vent porte les voix des autres bateaux, mêlées aux cris des mouettes. On repart avec l’impression d’avoir vu un morceau de côte que les voitures ne montrent pas.