Céret, nichée entre les Pyrénées et la Méditerranée, cache un petit coin de nature discrète où le Gourg des Anelles déroule ses 150 mètres de dénivelé. Le canyon serpente entre des falaises rougeoyantes et des vasques turquoise, sous un ciel souvent dégagé même en montagne. L’eau y est froide, mais claire, et les rochers lisses invitent à glisser plutôt qu’à grimper. On traverse des passages étroits, des cascades à franchir, et on se retrouve parfois dans des vasques isolées où le silence ne laisse place qu’au clapotis. L’ambiance est à la fois sauvage et apaisante, comme si la gorge retenait son souffle entre deux descentes.
Ce canyon s’adresse aux débutants comme aux confirmés, à condition d’être à l’aise dans l’eau jusqu’aux épaules. Les sorties sont organisées en petits groupes, maximum huit personnes, pour une journée complète qui alterne marche, nage et sauts. L’âge minimum est fixé à 12 ans, et il faut savoir nager. Comptez autour de 60 euros la descente, matériel inclus. Les guides locaux adaptent le parcours en fonction du niveau, mais le canyon reste technique par endroits : il faut accepter de se mouiller, de sauter parfois, et de se faufiler dans des passages où l’on doit se glisser en s’aidant des mains.
Le Gourg des Anelles marque par sa variété. Un jour, on progresse dans une vasque aux reflets changeants, le lendemain on se lance dans une cascade à descendre, pieds en avant. Les sauts, même bas, libèrent quelque chose. On oublie les contraintes du quotidien au profit de l’instant présent. Le corps travaille, mais l’esprit, lui, se repose sur le rythme de l’eau et le contact avec la roche.