Au nord d'Arras, le Bois de Marœuil s'étire comme une respiration verte entre les champs et la ville. Les chênes et les hêtres y forment un plafond ajouré où la lumière joue à cache-cache avec les feuilles. L'hiver, les branches dénudées laissent voir les lointains villages. Au printemps, les percussions des pics verts se mêlent aux cris des geais. Le sol craque sous les pas, parfois tapissé de mousse ou de feuilles mortes. On y entend le vent avant de le sentir sur la peau.
Ce sont surtout les familles qui s'y pressent le week-end, avec des enfants courant vers les clairières ou traînant les doigts sur les troncs. Les parcours balisés font entre 3 et 5 km, adaptés aux juniors comme aux grands-parents. Certains groupes viennent pour pique-niquer près des étangs, d'autres pour chercher des champignons à l'automne. La carte des sentiers est disponible à l'office de tourisme d'Arras pour deux euros.
Là, le temps s'étire. On oublie le trajet jusqu'ici. Parfois, un écureuil traverse le chemin, indifférent aux regards. L'air sent la terre humide ou la résine selon la saison. On rentre chez soi avec l'impression d'avoir laissé derrière soi un peu de ce brouillard du quotidien.