Le Bois de la Folie, à une encablure d’Avallon, respire l’apaisement. Ici, les chênes et les hêtres forment une voûte épaisse où la lumière se filtre en traits tremblés. L’air sent la résine et la terre humide, même en été. On progresse sur des sentiers étroits, bordés de fougères et de mousses épaisses, comme dans un autre temps. Le silence n’est jamais total : un merle siffle, une feuille craque, le vent murmure entre les branches.
Ce bois se prête à plusieurs usages. Les familles avec enfants de plus de six ans y trouvent des parcours adaptés, comme la boucle de deux kilomètres bien balisée. Les randonneurs individuels préfèrent les allées plus longues, jusqu’à cinq kilomètres, qui grimpent vers des points de vue discrets sur la vallée. L’accès est libre, sans réservation, mais il est conseillé d’emporter de l’eau — et un vêtement chaud, même en été, car l’ombre maintient une fraîcheur constante.
On se souvient surtout du contraste entre la densité de la forêt et l’ouverture soudaine sur un vallon ensoleillé. Les reflets du soleil sur les feuilles dorées, en automne, donnent au lieu une teinte presque dorée. Certains passages ombragés, humides, gardent une fraîcheur qui surprend après une montée. Le bois ne se visite pas pour ses paysages spectaculaires, mais pour cette atmosphère de calme et de lenteur, où le temps semble s’être arrêté.